Dans Code vaudou, un assureur en faillite, Monroe, veut arnaquer cinquante millions de dollars à un négociant de bananes, Jackson. Il le pousse à investir sur une richissime clientèle imaginaire dont il a enregistré les noms dans un fichier informatique. Pour le protéger, il a choisi comme mot de passe « vaudou » en souvenir de sa tendre nounou, Tata Zulie, qui l'avait initié enfant. Cela s'avère être un bien mauvais choix quand les clients censés être morts depuis des années se manifestent auprès de la société d'assurance de Monroe pour se faire rembourser de sinistres actuels. L'assureur mène alors une petite enquête dont il comprend petit à petit que l'enjeu est de sauver sa peau. Au fur à mesure que l'étau se resserre, Monroe en vient à envisager les hypothèse les plus diverses, d'une vengeance à une malédiction punissant sa vie d'escroc... Jusqu'au retournement final.
Thierry Gandillot signe ici un petit roman à chute au rythme soutenu qui se lit d'une traite. Il passe alternativement de balades dans une Lousiane tragi-comique à l'introspection sur une vie ratée, d'une cérémonie vaudoue à une enquête en bonne et dûe forme. L'auteur fait vite comprendre – dès les premiers chapitres – que le roman ne va pas creuser ses thèmes en profondeur. Il laisse en fait des impressions réminiscentes comme après un rêve, ou plutôt un cauchemar, celui dans lequel s'enfonce Monroe au fil des pages. Si Code vaudou était un film, ce serait une bonne petite série B. Mais préciser si elle pencherait plus vers le fantastique que vers le thriller, ce serait dévoiler le mystère.