Le projet d'Union pour la Méditerranée, appelée d'abord Union de la Méditerranée par M. Sarkozy pendant l'élection présidentielle française de 2007, visait initialement à réunir les pays
riverains de la mer Méditerranée. Sous la pression allemande, lors du conseil européen de mars 2008, ce projet a été amendé comme la continuation du processus de Barcelone. Ce ne sont plus les
seuls pays européens du Sud qui sont concernés mais toute l'Union Européenne.
Par contre, de l'autre côté de la mer, le projet ne concerne que les pays arabes. Les pays africains sont exclus et l'Union Africaine ne semble pas avoir été saisie de ce
dossier. Cette exclusion n'est pas justifiée parce que les africains n'ont pas de rive méditerranéenne - car beaucoup d'européens n'en pas pas non plus. La véritable raison est que cette
exclusion est un objectif même de l'Union pour la Méditerranée.
En effet, le président français et les pays européens souhaitent déléguer les problèmes d'immigration aux pays arabes méditerranéens. En clair, les immigrés africains doivent être arrêtés avant
de traverser le Sahara. Comme les régimes concernés ne sont pas des modèles de démocratie, cela comporte un double avantage : les méthodes de répression sont plus musclées et la couverture
médiatique est quasi nulle.
De leur côté, les pays arabes ne sont pas pressés de convier les pays africains à cette union malgré cette délégation de compétence. Il y a en effet un contre-partie qu'ils ont du mal à partager
: une cagnotte d'investissement, similaire au fonds de développement européen, destinée à réduire les inégalités autour de la Méditerranée. Mais à l'exception des pays africains.